L'appendicectomie

Définitions :

Appendicectomie : c'est l'ablation de l'appendice iléo-caecal quand le patient présente une appendicite. 

 

Appendicite : c'est l'inflammation de l'appendice. La cause peut être variée dont par exemple, l'obstruction due à une accumulation de matières fécales.

 

Anatomie :

L'appendice est un petit cylindre de 7 ou 8 centimètres de long et de 4 à 8 millimètres de diamètre qui prend naissance à la jonction de l'intestin grêle et du gros intestin et y forme une sorte d'excroissance.

La situation et les rapports de l’appendice dans l’abdomen sont très variables et l’on ne peut à proprement parler de situation anatomique "normale".

Cette situation peut être :

  • Rétro-caecale (dans 65 % des cas) ;
  • Pelvienne (dans 31 % des cas) ;
  • Para colique (en arrière du caecum) ;
  • Méso-cœliaque : vers la grande cavité péritonéale.

Son rôle était inconnue jusqu'en 2007, où William Parker, du Centre médical de l'université Duke (Durham, Caroline du Nord, États-Unis) a émis l’hypothèse qu’il serait une « réserve protégée pour bactéries amies ».

Complications :

La complication de l'appendicite c'est que l'appendice s’obstrue par du pus. Il peut alors se rompre ; le pus est susceptible de gagner le péritoine, ce qui déclenche une inflammation de cette membrane, appelée péritonite. C'est pourquoi on pratique l'appendicectomie avant que ca se complique. 

L'intervention :

But : consiste à enlever l'appendice afin d'éviter le risque de péritonite et une septicémie, et de faire un nettoyage abdominal si nécessaire. 

 

Durée : 30 minutes en moyenne. 

 

Abord : l’incision classique dite de Mac Burney, est réalisée en fosse iliaque droite pour réséquer l'appendice. Le chirurgien peut également procéder par coelioscopie ou laparotomie.

 

Risques spécifiques :  le risque majeur après appendicectomie est le lâchage du moignon appendiculaire, autrement dit la fuite dematières par la base appendiculaire. Il s’agit d’une péritonite post-opératoire, qui impose une réintervention en urgence. Ce risque est inférieur à 0,5%.

Le second risque est l’abcès profond (risque inférieur à 1%), développé au contact du moignonappendiculaire. Cette complication est traitée par un drainage chirurgical ou percutané (à travers la peau)sous contrôle radiologique.

 

Prise en charge :

Pré-opératoire : 

  • Préparation du malade : information sur l'opération, préparation cutanée, à jeun.
  • Vérification du dossier avec autorisation parentale pour les mineurs
  • +/- Radiographie ASP (Abdomen Sans Préparation),ou  +/- échographie
  • Bilan sanguin :
    • NFS : montrant une hyperleucocytose
    • CRP : élevée prouvant l'infection
    • TP/TCA : bilan de coagulation 

 

Post-opératoire : 

 

J0 : 

Installation du patient en position allongé ou demi-assis, avec tout ce qu'il a besoin à porter de main (sonnette, téléphone...).  

Surveillance toutes les 3 heures: 

  • des constantes (pouls, tension artérielle, température, saturation) 
  • de la région opératoire, des pansements (hématome, saignement)
  • de l'état de conscience (à cause de l'anesthésie générale)
  • de la douleur
  • de la VVP et des perfusions
  • vérifier que le patient urine dans les 12 heures après son intervention, et de la reprise des gaz. 

Expliquer au patient qu'il n'a pas le droit de se lever jusqu'au lendemain matin.  

 

J1 :

Le premier lever est effectué accompagné d'un soignant, afin d'éviter le risque thrombo-embolique.

  • VVP maintenue avec perfusion continue. 
  • réfection du pansement 
  • surveillance des constantes, de la douleur et du transit
  • aide à la toilette.   

 

J2 : 

  • relais per os des antalgiques, 
  • surveillance du transit 

 

Jours suivants : sortie

  • pansement tous les 2 jours

 

L'alimentation : 

 

La reprise alimentaire doit se faire progressivement jusqu'à la reprise du transit. 

  • J0 : à jeun toute la journée
  • J1 : du thé le matin, puis du bouillon accompagné de yaourt et de compote pour la suite de la journée avec l'accord du chirurgien. 
  • J2 : une alimentation légère est souvent autorisée
  • J3 : reprise alimentaire normale sans aliments forts. 

Il faut toujours se référer aux protocoles du service ainsi qu'aux instructions du chirurgien pour l'alimentation du patient. 

Conseils post-opératoire :

Le plus généralement, cette intervention est peu douloureuse en post-opératoire et répond bien aux antalgiques simples qui sont prescrits lors de la sortie de l'hôpital.

Les bains sont autorisés seulement après cicatrisation. Des douches peuvent prises quand il y a des pansements imperméables (du type Tegaderm).

Les patients sont encouragés à reprendre une activité légère quand ils seront rentrés de l'hôpital ce qui est un des intérêts d'une chirurgie coelioscopique par rapport à une laparotomie (grande cicatrice).

L'activité sportive peut, en général, être reprise au bout de 1 mois après l'intervention.